Projet Bonaventure - phase 1

Secteur d'intervention

Le secteur d’intervention se limite à l’est par la rue Duke, à l’ouest par
la rue Dalhousie, au nord par la rue Saint-Jacques et au sud par la rue de
la Commune, y compris le terrain abritant les ateliers de voirie de
l’arrondissement de Ville-Marie.

Description

Le réaménagement de l’autoroute Bonaventure : pierre angulaire de la vision d’avenir du Havre de Montréal.

Le réaménagement de l’autoroute Bonaventure est un projet de reconstruction urbaine unique au Québec. Il redéfinit l’entrée de ville. Il permet la réappropriation des lieux et la valeur identitaire de tout un quartier; il améliore concrètement la qualité des espaces publics. Il retisse les liens est-ouest et nord-sud. Du point de vue du génie civil, il constitue aussi une première, puisqu’il est rare qu’une voie autoroutière soit radicalement transformée en une artère urbaine à l’échelle humaine et en un nouveau quartier habité.

Le réaménagement de l’autoroute Bonaventure est donc un projet de reconstruction urbaine qui s’inspire largement du génie des lieux en redonnant ses lettres de noblesse au passé, en rétablissant les liens entre les faubourgs d’autrefois et en posant les jalons d’un projet architectural tourné résolument vers l’avenir. Le projet de réaménagement de l’autoroute Bonaventure est assurément un projet de développement durable qui prend tout son sens dans le rétablissement de l’histoire et du génie des lieux, pour se tourner vers le Nouveau Montréal. Les volets aménagement et transport se côtoient et s’harmonisent, permettant ainsi de créer un nouveau milieu de vie : le projet Bonaventure.

Principes de reconstruction urbaine

Entre la rue Wellington et la Place Bonaventure, le viaduc ferroviaire et l’autoroute Bonaventure occupent conjointement une emprise d’environ 150 mètres de largeur par 750 mètres de longueur, essentiellement dédiée au transport régional. Aux heures de pointe du matin et du soir, automobiles, autobus et trains de banlieue s’engouffrent dans le corridor, transportant des milliers de personnes à destination ou en provenance du centre-ville. Pour répondre aux besoins des travailleurs, visiteurs et autres clientèles de transit, le corridor est desservi par de vastes parcs de stationnement à ciel ouvert aménagés au cœur des faubourgs. La présence de ces deux importantes infrastructures de transport crée, au pied du centre des affaires, un no man’s land d’une superficie équivalente à 22 terrains de football !

La proposition de réaménagement de l’autoroute Bonaventure vise essentiellement à recréer un morceau de ville à cet endroit stratégique, en misant sur certains grands principes de reconstruction, comme la création d’intersections et l’établissement de liens transversaux et longitudinaux. Ces principes sont présentés ci-après.

Dans la proposition de réaménagement du corridor Bonaventure, l’autoroute ramenée au sol permet de créer des intersections et de discipliner la circulation automobile. En misant sur l’équilibre de la cohabitation piétonnière et véhiculaire, l’aménagement des nouvelles intersections vise d’abord à favoriser la qualité et la sécurité des déplacements piétons et cyclistes, tout en maintenant une bonne fluidité de circulation. Au nombre des interventions envisagées figurent l’aménagement de larges trottoirs, la définition de traverses piétonnières sécuritaires, l’animation du domaine public (activités commerciales, transparence des rez-de-chaussée, etc.) ainsi que l’implantation d’un mobilier urbain de qualité.

L’abolition de la barrière créée par l’infrastructure routière existante et la construction des îlots centraux permet de prolonger le bâti et de recréer un milieu de vie à la jonction des faubourgs. Le long de ce nouveau morceau de ville, le viaduc ferroviaire peut être réinvesti et habité. Les liens est-ouest sont mis en valeur et hiérarchisés : artères de traverse (rues Wellington, Ottawa et William), axe piétonnier (rue Saint-Maurice) et percée visuelle (rue Saint-Paul). Le long de ces voies, la consolidation du cadre bâti, l’animation et la qualité des aménagements favorisent les déplacements piétons et permettent la mise en relation du faubourg des Récollets, du Griffintown et du Vieux-Montréal.

La nouvelle configuration de boulevard crée un lien manifeste entre le centre-ville et le bassin Peel, le long de deux larges avenues qui mettent en relation le Quartier international, le nord du faubourg des Récollets, la Cité du Multimédia, le Vieux-Port et le canal de Lachine. Le réaménagement du domaine public, la consolidation du cadre bâti et la réappropriation du viaduc ferroviaire permettent d’améliorer la qualité et la sécurité des cheminements piétons dans l’axe nord-sud et de créer une cohérence visuelle le long des parcours d’arrivée (rue Duke vers le centre-ville) et de départ (rue de Nazareth vers le bassin Peel et le fleuve).

Bureau de projet mixte

Le Projet Bonaventure compte parmi les projets prioritaires de la Ville de
Montréal, et fait partie de la Vision 2025 sur la mise en valeur et le
 développement du territoire du Havre, élaborée par la Société du Havre de
 Montréal sous mandat de la Ville.

En ayant créé en mars 2011 un Bureau de projet mixte, la Ville de Montréal
a déjà pris en charge la réalisation du Projet Bonaventure, tout en
 s’assurant de l’apport professionnel continu et de l’expertise de la
 Société du Havre de Montréal dans ce dossier. Ce Bureau travaille 
actuellement à la planification et au cheminement critique des travaux qui
 débuteront dès cet automne. L’encadrement des activités du Bureau est
 assuré par un comité de direction composé de deux représentants de la Ville
 de la Direction du développement et des opérations, et d’un
 représentant de la Société.

La création d’un Bureau de projet mixte dédié au Projet Bonaventure s’est 
avérée une formule de gestion efficace, compte tenu du nombre important 
d’instances gouvernementales touchées, et des expertises à conjuguer dans
 ce grand projet (eau, ponts, tunnels, voirie, aménagement urbain). Par ailleurs, le Projet Bonaventure ne comprend pas seulement l’abattement
d’une structure qu’il faudrait inévitablement réparer à grands frais d’ici
 quatre ans, et ce, longtemps avant la mise en activité d’un nouveau pont
Champlain. Ce Projet, c’est aussi le levier de développement des quartiers
les plus anciens de la Ville, qui deviendront au cours de la prochaine 
décennie la zone d’expansion du centre des affaires.